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Abraham Fridman, de la rafle du Vel d'Hiv à Auschwitz
Les 105 collégiens de 3ème du collège Corentin-Riou ont, deux heures durant, rencontré Abraham Fridman.
Né à Paris d'une famille venue de Pologne dans les années 30 dans la France , le « pays des droits de l'homme », Abraham a vécu une enfance heureuse et insouciante
en dépit de la crise économique et les nuages du nazisme qui, peu à peu, assombrissaient le ciel de la famille.
Se déclarer en mairie, avoir une carte d'alimentation, faire la queue dans les magasins, porter l'étoile jaune, autant d'étapes qui devaient conduire au 16 juillet 1942
et la rafle du Vel d'Hiv.
Deux soldats français frappent à la porte, donnent une heure pour préparer une valise et finalement acceptent de revenir le 17; le 17, les deux gendarmes reviennent mais
au commissariat, le fonctionnaire ému, sans doute, de voir cette mère avec un bébé dans les bras, ne gardera que le père...
Abraham ne le reverra plus...
Il errera dans Paris de petit boulot en petit boulot deux ans durant; sa mère et ses sœurs ayant disparu, l'appartement ayant été confisqué et portant les scellés.
Jusqu'au jour où il sera rattrapé et transféré à Drancy en plein été 1944 pour prendre le dernier convoi qui le mènera à Auschwitz, le Stutthof en Pologne, puis Buchenwald....
Un périple parsemé de « coups de chance » dit A. Fridman qui lui permettront malgré son état physique (moins de 40 kg) de reprendre le chemin de la France via l'hôtel Lutétia.
Avec beaucoup d'humanité, de chaleur , de pudeur mais aussi de franchise, Abraham Fridman a répondu aux questions des élèves, particulièrement studieux et réceptifs.
L 'Histoire, ce mercredi, ils l'ont vécu non dans leur livre ou en cours face au professeur mais en direct... Une rencontre qui ne s'oublie pas....
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